Roumanie: Traite d'enfants au nom de la loi

Publié le par Jacqueline de Croÿ

Version Française

Roumanie: Traite d'enfants au nom de la loi -

Publié sur le site détruit de la Fondation en date du 14 juin 2005

Version  italiana

Romania : Tratta di bambini in nome della legge.

 

English Version

Rumania: Children trade in the name of the law

 

     En Roumanie, une importante traite d’enfants repose sur un partenariat entre agences d’adoption et officiels corrompus, explique Lady Nicholson, parlementaire et rapporteur spécial pour le Parlement Européen. En 10 ans, plus de 30.000 enfants roumains ont été exportés moyennant de 30.000 à 52.500 euros chacun: plus d'un milliard d'euro partagés entre les intermédiaires.

     Peu de ces enfants sont orphelins, certains sont volés et d’autres sont achetés. En un an à l’hôpital de Ploiesti, infirmières et médecins avaient prétendus à 23 mères que leurs bébés prématurés étaient morts, alors qu’ils étaient mis en couveuse, bien nourri et exporté 6 mois plus tard. Des jeunes filles vulnérables sont persuadées d’offrir leur bébé pour 450 euro cash et des enfants pré- pubères sont vendus via l’Internet pour 45.000 euro.  

     Le post communisme requit une structure pour cette traite, donc la décision d’un tribunal, ce qui est fait à la chaîne. Un seul juge a accordé 92 adoptions en une seule matinée. Les enfants n'ont pas de dossier: il ne sont qu’un numéro dans un ordinateur. Ainsi, après avoir perdu trace de leurs identités par jugement et faute de dossier, les agences les emportent et il est impossible de les retracer.

     La situation souleva les foudres de la CEE et le nombre officiel d'enfants dit "adoptés" diminua à 1000 enfants en 2003. Le marché est tel qu'il était peu probable que les trafiquants aient renoncé à un chiffre d'affaire de +/-85 million euro l'an.

     En 2004, la CEE posa un ultimatum à la Roumanie: arrêter l’exportation d’enfants pour adoption, ou de répondre de son adhésion à la communauté européenne et rembourser les subsides déjà alloués. Il ne  s'agit que de 63 millions d’euro, alors que l'ensemble de la traite rapportait 127 millions d’euro, mais l'ensemble des avantages liés à l'adhésion à la CEE est largement supérieur et pesa favorablement dans la balance.

     Les roumains se défendent et répondent que les parents étrangers vivent en Roumanie au moment de l’adoption, ou que le pays est entre les feux de ceux qui veulent bannir l’adoption, et ceux de l’Italie, la France et l’Espagne qui veulent faciliter ces adoptions pour répondre au "problème de fertilité".     

     On note que seuls les enfants roumains exportés en perdant trace de leur identité sont dit "adoptés", alors que dans le reste de l'Europe, ils sont dit "disparus".

     Parallèlement, le nombre d'enfants officiellement "adoptés" de Roumanie est le même que le nombre officiel d'enfants "disparus" de Belgique. Reste à savoir s'ils "disparaissent" aux mêmes prix que les roumains. Le cas échéant, nos réseaux que les autorités belges disent "inexistants", s'empocheraient une moyenne de 42 millions d’euro hors taxes par an.

 

 

     In  Romania, una importante tratta di bambini si svolge con partnership tra agenzie di adozione ed ufficiali corrotti,  spiega Lady Nicholson, parlamentare e relatore speciale per il Parlamento Europeo. In 10 anni, più di 30.000  bambini rumeni sono stati esportati pagando dai 30.000 ai 52.500 euro ciascuno:  più di un miliardo d'euro spartiti tra gli intermediari.

     Pochi di  questi sono orfani, alcuni sono stati rapiti  ed altri comperati. In un anno all'ospedale di Ploiesti, infermieri e medici avevano ingannato 23 mamme dicendo che i loro bebè prematuri erano morti,mentre erano ancora in incubatrice, ben  nutriti ed esportati sei mesi più tardi. Giovani ragazze un po' deboli di mente sono state persuase ad offrire i loro bambini per 450 euro e dei bambini prepuberi sono stati venduti via l'Internet per 45.000 euro.

     Il post comunismo richiese una struttura per questa tratta, dunque la struttura  si basa sulla decisione  del tribunale, ciò che è all'inizio della catena. Un solo giudice ha accordato 92 adozioni in una sola mattinata. I bambini non hanno  cartella clinica: non sono che un numero nel computer. Così dopo aver perso la loro identità con un giudizio, le agenzie li esportano ed è impossibile rintracciarli, perché manca un dossier.

     La situazione scatenò i fulmini della CEE e il numero ufficiale dei bambini detti "adottati" diminuì (ufficialmente) a  1000 bambini nel 2003. Il mercato è sempre tale e sembra poco probabile  che i trafficanti abbiano rinunciato ad un giro di affari +/-85.000 milioni di euro l'anno.

     Nel 2004, la CEE intimò un ultimatum alla Romania: fermare l'esportazione dei bambini per l'adozione, o di rispondere con l'adesione alla comunità europea e rimborsare i sussidi già incamerati. Si tratta solo di 63 milioni di euro, mentre l'insieme della tratta riportava 127 milioni d'euro, ma tutti i vantaggi legati all'adesione alla CEE è largamente superiore e pesarono favorevolmernte sulla bilancia.

     I rumeni si difendono e rispondono che i genitori stranieri vivono in Romania al momento dell'adozione, o che il paese è tra i fuochi di coloro che vogliono mettere al bando l'adozione, e quelli come l'Italia, la Francia e la Spagna che volgiono facilitare queste adozioni per problemi di fertilità".

     Si fa presente che solo i bambini rumeni esportati e che perdono le loro tracce della loro identità sono chiamati adottati, mentre nel resto dell'Europe, questi sono chiamati dispersi o scomparsi.

     Parallelamente, il numero di bambini ufficialmente "adottati" della Romania è lo stesso del numero dei bambini scomparsi in Belgio. Rimane da sapere se questi "scompaiono" allo stesso prezzo di quelli rumeni. Il caso è eclatante,le nostre reti pedo che le autorità belghe dicono inesistenti intascherebbero qualcosa come 42 milioni d'euro esentasse.

     In Rumania, an important children trade that  rests on a partnership between adoption agencies of and corrupted officials, explains Lady Nicholson, MP and special rapporteur for the European Parliament. In 10 years, more than 30.000 Rumanian children were exported providing 30.000 and 52.500 euros each: over a billion euro shared between the intermediaries.

     Few of these children are orphans, some are stolen and others are bought. In one year at the hospital of Ploiesti, nurses and doctors had claimed to 23 mothers that their premature babies had died, whereas they were put in an incubator, well nourished and exported 6 months later. Vulnerable teenagers are persuaded to offer their baby for 450 euro cash and of the prepubescent children are sold via the Internet for 45.000 euro.


     Post communism required a structure for the trade, therefore the decision of a court, what is done massively. One judge has granted 92 adoptions in one morning only. The children have no file: they are just a number in a computer. After having lost trace of their identities and origin by judgment and lack of file, the agencies carry them and it is impossible to trace them after.

     The situation rose thunders from the EEC and the official number decreased to 1000 children officially adopted in 2003. The market is such that it was unlikely child traders gave  up an income of +-/ 85 million euro per anum.

     In 2004, the EEC gave Romania an ultimatum: Stop the export of children for adoption, or answer of its adhesion the European Community and refund already allocated subsidies. It only acts of 63 million euro, and  the entire trade brought 127 million euro, but all the advantages linked to the membership to the EEC, was of  sufficient weight on the decision.

     Rumanian are defending themselves and answer that the foreign parents live in Romania at the time of the adoption, or  that the country was caught between fires of those who want to banish the adoption, and those of Italy, France and Spain who want to facilitate these adoptions to answer the "problem of fertility".

     It is should be noted that only the Romanian children exported as they loose trace of their identity are said "adopted", when  in the rest of Europe, they are said "missing".

     In parallel, the number of children officially "adopted" from Romania, is the same as the number of children officially "missing" from Belgium. This raises the question if they leave for the same prices as Rumanians. Should it be so, our networks, of which the Belgian authorities pretends to be  "non-existent", would have an average of 42 million euro untaxed income per annum.

 

 

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Jan Boeykens 20/03/2007 15:22

Octobre 2004 : J.-P. Raffarin en Roumanie

A l'occasion de son déplacement à Bucarest, le Premier ministre a obtenu la création d'une commission internationale afin d'examiner les dossiers d'adoption d'enfants roumains bloqués par un moratoire roumain depuis 2001. Des centaines de dossiers – dont 130 déposés par des Français — sont gelés alors que les parents adoptifs ont noué des contacts avec les enfants. Les travaux de la commission seront supervisés par une organisation internationale. Le Premier ministre roumain, Adrian Nastase, a rappelé que son pays avait décidé ce moratoire dans l'intérêt des enfants, dans le but de mettre fin à des traffics.

Jan Boeykens 20/03/2007 14:58

Belgique Législation


Législation contre le tourisme sexuel impliquant des enfants

La matière du tourisme sexuel impliquant des mineurs est réglée par l'article 10 ter du code d'instruction criminelle introduit par la loi du 13 avril 1995 contenant des dispositions en vue de la répression de la traite des êtres humains et de la pornographie enfantine, modifié par la loi du 28 novembre 2000 relative à la protection pénale des mineurs.

L'article 10ter énonce : « pourra être poursuivie en Belgique toute personne qui aura commis hors du territoire du royaume :
1° une des infractions prévues aux articles 379, 380, 381, et 383bis, §§1er et 3, du code pénal ;
2° une des infractions prévues aux articles 372 à 377 et 409, du même code si le fait a été commis sur la personne d'un mineur

L'article 379 du code pénal concerne le fait d' « attenter aux moeurs en excitant, favorisant ou facilitant, pour satisfaire les passions d'autrui, la débauche, la corruption ou la prostitution d'un mineur de l'un ou l'autre sexe »

* Un mineur ( < 18ans) : les peines sont de 5 à 10 ans de réclusion et de 500 à 25 000 euros d'amende (Tous les montants sont à multiplier par 5, ce qui correspond aux décimes additionnels).
* Si le mineur a < 16ans : 10 à 15 ans de réclusion et 500 à 50 000 euros d'amende.
* Si le mineur a < 14ans : 15 à 20 ans de réclusion et 1000 à 100 000 euros d'amende.

L'article 380, §4 stipule que
« 1° quiconque, pour satisfaire les passions d'autrui, aura embauché, entraîné, détourné ou retenu, soit directement soit par un intermédiaire, un mineur, même de son consentement, en vue de la débauche ou de la prostitution ;
2° quiconque aura tenu, soit directement soit par un intermédiaire, une maison de débauche ou de prostitution où des mineurs se livrent à la prostitution ou à la débauche ;
3° quiconque aura vendu, loué ou mis à disposition d'un mineur, aux fins de la débauche ou de la prostitution, des chambres ou tout autre local dans le but de réaliser un profit anormal ;
4°quiconque aura exploité, de quelques manière que ce soit, la débauche ou la prostitution d'un mineur ;
5° quiconque aura obtenu par la remise, l'offre ou la promesse d'un avantage matériel ou financier, la débauche ou la prostitution d'un mineur.

* Un mineur ( < 18ans) : les peines sont de 10 à 15 ans de réclusion de prison et de 1000 à 100 000 euros d'amende.
* Si le mineur a < 16ans : 15 à 20 ans de réclusion et 1000 à 100 000 euros d'amende.

L'article 380, § 6 punit certaines formes de voyeurisme à l'égard d'un mineur (assister à la débauche ou à la prostitution d'un mineur). Les peines vont de 1 mois à 2 ans d'emprisonnement et de 100 à 2000 euros d'amende.

Les articles 372 à 377 concernent l'attentat à la pudeur et le viol

Pour le viol, si < 18ans et > 16 ans, la peine va de 10 à 15 ans réclusion.
Si > 14ans et < 16ans, la peine va de 15 à 20 ans de réclusion.
Si

Jan Boeykens 19/03/2007 10:57

La prostitution en Roumanie
La Roumanie est surtout connue en Europe pour être un foyer de prostitution enfantine. La situation des enfants y est particulièrement inquiétante, ils sont nombreux dans les rues où ils vivent de rapines ou de la prostitution auprès de clients roumains ou occidentaux.

Ce problème grave a malheureusement occulté la situation générale de la prostitution en Roumanie qui reste assez mal connue. Les autorités font preuve d'une mauvaise foi incomparable. Le porte-parole de la police nationale (rencontré par les enquêtrices de l'ECPAT) leur a affirmé qu'« il n'y a aucune exploitation sexuelle d'enfants dans le pays ».

La situation des enfants roumains n'est pas indépendante de la situation de la prostitution. Beaucoup d'entre eux sont hébergés dans des orphelinats ou des foyers, qu'ils doivent quitter lorsqu'ils atteignent 18 ans. Beaucoup ne trouvent ni travail ni logement et sont contraints, les garçons surtout, de se prostituer.

Les filles sont en grande partie attirées par des trafiquants et envoyées à l'étranger pour se prostituer. Fait original, les Roumaines sont plutôt envoyées en Bulgarie, en Grèce, en Italie, à Chypre mais surtout en Turquie. Comme l'ensemble de l'économie, la prostitution roumaine regarde autant vers l'Occident (plutôt pour la prostitution enfantine) que vers la Turquie. Les prostituées d'origine roumaine sont nombreuses dans les maisons closes d'Istanboul.

En 1993, une étude a été réalisée auprès de 1.162 d'entre elles (ce qui implique que leur nombre était déjà largement supérieur) et a révélé leurs conditions de vie et de travail. Elles sont âgées en moyenne de 21 ans ; pour un tiers, la prostitution a marqué le début de leur activité sexuelle ; la majorité n'utilise pas de préservatif et n'a aucun contact avec le système de santé. Le taux de contamination par le sida (0,1 %) est exceptionnellement faible mais risque fort de grimper à un taux comparable aux autres MST (7,1 % présentent une gonorrhée, 7,3 % une syphilis). (1)Selon la législation héritée de l'époque communiste, un enfant peut avoir des relations sexuelles dès l'âge de 14 ans.

Une réforme de la législation est envisagée, orientant la Roumanie vers un système réglementariste. Des députés ont déposé un projet de loi en ce sens au printemps 1998, précisant que cela « réduira le nombre de viols, d'abus sexuels et la propagation des maladies vénériennes... ». Les personnes prostituées devront payer des impôts et se faire enregistrer, ce qui « leur garantira une couverture sociale en cas de maladie ou pour leur retraite ». Les peines encourues pour l'exercice illégal de la prostitution iraient de trois mois à trois ans de prison. (2)

Des maisons de tolérance seraient déjà construites. Mais une association d'étudiants orthodoxes s'oppose au projet qui « ne ferait qu'amplifier le phénomène, sans le régler, comme cela se constate dans les sociétés occidentales ». (3)


jeudi 15 janvier 2004
http://www.colisee.org/article.php?id_article=1048
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(1) « Prostitution : de la Roumanie à la Turquie », Le Quotidien du médecin, n°5496, 25 mai 1993.
(2) « Roumanie : la prostitution légalisée ? », dans Prostitution et Société, n°121, avril-mai-juin 1998. (3) Ibid.)

(Extrait du livre La Prostitution adulte en Europe, publié par la Fondation Scelles, chez Érès. Paris, septembre 2002. www.edition-eres.com)

Jan Boeykens 19/03/2007 10:54

Le cinéaste roumain Liviu Tipurita est retourné dans son pays pour réaliser un reportage sur les enfants abandonnés, proies faciles pour les pédophiles. Il découvre dans les rues de Bucarest un réseau de prostitution de jeunes dont la clientèle est composée de riches Européens. Liviu a rencontré Laurentiu, un jeune de 15 ans qui se prostitue depuis l'âge de 12 ans. Avec ses amis, il survit en quémandant. La plupart de ces jeunes sont accros aux produits solvants. Florin a 12 ans et se prostitue. Il est le cousin de Laurentiu. Il parle des dangers auxquels sont exposés les enfants avec certains clients étrangers. Il raconte qu'un pédophile allemand l'a jeté du deuxième étage lorsque la police a frappé à la porte. Beaucoup d'enfants sont emmenés à l'étranger pour se prostituer, principalement en Italie. Liviu a découvert que plusieurs Roumains prostituent les membres de leur propre famille. Un portrait dramatique du quotidien de ces enfants.

En raison de la nature clandestine de ce commerce, il est difficile d'évaluer le nombre exact d'enfants contraints de se prostituer. Toutefois, l'UNICEF estime qu'environ 1 million d'enfants sont poussés chaque année dans le commerce du sexe. Et les causes sous-jacentes à ce commerce sont multiples : pauvreté, discrimination, guerre, cupidité, dysfonctionnement familial, trafic de drogue, etc.

À Bucarest, capitale de la Roumanie, le commerce du sexe est une réalité vécue quotidiennement par de nombreux jeunes de la rue. L'un d'entre eux, Laurentiu, a à peine 15 ans. Il a passé la majeure partie de sa vie à errer dans les rues de la ville. Dès l'âge de 12 ans, afin dit-il de gagner un peu d'argent, il a commencé à se prostituer.

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« Il m'a offert de l'argent, et j'ai accepté. Nous sommes allés chez lui et nous avons couché ensemble. » - Laurentiu, 15 ans
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Et il est loin d'être le seul. En Roumanie, la prostitution juvénile et le trafic sexuel d'enfants ont pris des proportions inquiétantes.

Le pays semble même être devenu une destination prisée des pédophiles et des touristes sexuels, en majorité des Occidentaux. Ainsi, Laurentiu raconte avoir vendu son corps à un touriste allemand en échange de quelques dollars. Ce dernier lui aurait également promis de payer pour qu'il obtienne un passeport, afin qu'il puisse le suivre en Allemagne. Un périple que serait prêt à faire Laurentiu. Pourquoi? Essentiellement pour l'argent.

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« Je partirais avec lui pour l'argent. Personne ici ne nous en donne. » - Laurentiu, 15 ans
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Vulnérables, sans le sou, Laurentiu et les autres jeunes qui vivent dans les rues de Bucarest s'avèrent des proies faciles pour les pédophiles et les trafiquants d'enfants. La plupart survivent en mendiant, et nombre d'entre eux ont une dépendance à l'inhalation de solvants.

Les étrangers savent parfaitement où trouver ces jeunes. Ils n'ont qu'à rôder la nuit, près de la place de l'Université, pour accoster les jeunes et les convaincre de monter en voiture. Laurentiu, comme beaucoup d'autres, y est presque à tous les soirs, prêt à tout pour un peu d'argent. Les pédophiles et prédateurs sexuels obtiennent même l'aide d'un proxénète, celle d'un dénommé Tom Peter, un Anglais, qui organise des rencontres avec les jeunes garçons.

Tous les jeunes prostitués le connaissent. Certains ont même fait un site Internet pornographique avec lui, et il a contraint la plupart d'entre eux à avoir des relations sexuelles avec lui.

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« Il aime ceux qui paraissent jeunes et innocents. À 13 ou 14 ans, ils le rendent dingue. » - Georges, 17 ans
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Par l'intermédiaire de son site web, le proxénète recrute des clients occidentaux en leur proposant des « circuits sexe ». Sur le site, il prétend que tous les modèles ont 18 ans et plus, car c'est un crime de vendre des photos pornographiques de mineurs. Mais en réalité, plusieurs de ces modèles n'ont pas 18 ans.

Sous la photo de l'un d'entre eux se trouve une offre. Les membres du site peuvent se renseigner, par courriel, à propos de « services spéciaux », et on offre la possibilité de rencontrer un des jeunes garçons dont la photo apparaît sur le site. Cette vitrine sur le web permet à Tom Peter de faire la promotion de son réseau de prostitution juvénile auprès des touristes sexuels et des pédophiles étrangers.


Des familles obligent leurs enfants à se prostituer

Si la prostitution menace plusieurs jeunes des rues de Bucarest, la situation est tout aussi critique ailleurs, notamment en Italie. Certains sont victimes d'un trafic d'enfants aux fins d'exploitations sexuelles. Pour les convaincre d'émigrer, les proxénètes leur promettent de vrais emplois, mais une fois sur place, on les oblige à se prostituer. Craignant d'être maltraités, voire assassinés, ils se soumettent.

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« Beaucoup de filles étaient mineures : 14, 15 ou 16 ans. Si elles refusaient de se prostituer, le proxénète les menaçait de revenir les tuer le lendemain. Les filles avaient peur, alors elles restaient. » - Cristina
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D'autres encore sont obligés de se prostituer par des membres de leur propre famille. Des pères de famille vendent le corps de leur propre fils en échange de quelques euros.

À Milan, dans le nord de l'Italie, des organismes locaux confirment qu'il y a beaucoup de prostitution juvénile dans la ville. La prostitution de jeunes hommes s'y fait en retrait, caché, près d'un cimetière. Un campement de Roumains est situé à proximité. Tous les hommes y affirment que la prostitution juvénile n'existe pas dans leur communauté, mais la nuit tombée, la réalité est tout autre.

En effet, on force des enfants de 12, 13, 14 ans à se prostituer. Dans le parc de stationnement situé à côté du cimetière, des prostitués adultes négocient avec les automobilistes. Au milieu, des jeunes garçons se promènent à vélo. Ici, ce sont les pères qui font le commerce sexuel de leurs enfants. Pour subvenir à leur besoin, les familles obligent les enfants à mendier le jour et se prostituer le soir.

Quant à la police, elle semble plus préoccupée à faire la chasse aux immigrants clandestins qu'aux proxénètes. Et les organismes qui viennent en aide aux prostitués juvéniles ne peuvent aider que ceux qui le demandent. Or, aucun jeune ne veut quitter sa famille.


http://www.radio-canada.ca/
actualite/enjeux/reportages/2004/040210/
trafic-enfant.shtml

Jan Boeykens 19/03/2007 10:48

La prostitution en Europe centrale et orientale : un phénomène en constante expansion


Si la prostitution est ancienne et a toujours existé à l'Est de l'Europe, le phénomène prostitutionnel est en constante expansion depuis la disparition du rideau de fer. La situation reste cependant assez peu connue, si ce n'est dans les pays du groupe de Visegrad, plus développés, plus proches de l'Ouest et où s'est multipliée une prostitution organisée et importante. Pour les pays baltes, la Roumanie ou la Slovaquie, les informations sont plus rares. En Russie et dans les pays de la CEI où les problèmes Économiques et sociaux sont très aigus, les autorités s'intéressent moins à la prostitution. Les informations proviennent essentiellement d'associations ou de journalistes et ne concernent que les grandes villes. Enfin, les autres pays de la péninsule balkanique (et tout particulièrement ceux de l'ex-Yougoslavie) ne laissent filtrer presque aucune information et leur Étude est impossible.

L'EVOLUTION RECENTE

Les pays d'Europe centrale et orientale ont en commun d'avoir été soumis depuis 1948 à un régime communiste soviétique, de l'avoir abandonné entre 1989 et 1991 et de traverser actuellement une phase de "transition post socialiste", particulièrement propice au développement de la prostitution sous toutes ses formes.


La prostitution sous l'ère soviétique

La stratégie du Parti communiste de l'Union soviétique fut d'ébranler la famille et les moeurs anciennes mais aussi d'instaurer un règne de vertu. Dans la logique du système marxiste léniniste, toute l'énergie du citoyen devait servir la révolution. Ainsi devait il y avoir une vie amoureuse réduite au minimum, seulement en vue de la procréation. Dans cette perspective, l'amour n'est plus une aventure individuelle mais un prétexte à transformer la société. Dans sa volonté de contrôler les individus pour faire progresser la révolution, l'appareil est allé jusqu'à considérer l'acte sexuel incontrôlé comme un défi au système. La prostitution est donc non seulement peu acceptable mais aussi en contradiction avec le triomphe de la révolution. Idéologiquement, elle ne peut exister dans un état véritablement socialiste. Voulant éliminer complètement le phénomène de la prostitution, le régime en efface officiellement toutes les traces. Dans les années vingt, le délit de prostitution est proscrit du Code pénal, la société soviétique n'ayant plus de raisons économiques, sociales ou morales la justifiant. Des peines sévères restent cependant prévues pour le délit de proxénétisme.

Malgré le discours idéologique, la prostitution existait dans l'URSS. En 1987, la Direction principale des affaires intérieures du comité exécutif de la ville de Moscou souligne qu' "ont été recensées un peu plus de mille prostituées, dont la moitié [est] des femmes de 18 à 25 ans. Parmi celles ci, il y en a qui ne travaillent pas, mais aussi des étudiantes, des femmes mariées, des mères et même des diplômées ès sciences. 99 % de toutes les prostituées recensées exercent leur "métier" avec des étrangers." Ce chiffre, très certainement sous estimé, recouvre néanmoins une réalité. Selon le quotidien Lettonie soviétique 'janvier 1988), la prostitution prospérait à Moscou, Leningrad, Riga, mais également dans des villes qu'on ne pouvait en aucun cas considérer comme des centres touristiques ou portuaires. La répression de la prostitution est alors d'autant plus difficile qu'il n'existe plus d'articles s'y rapportant dans le Code pénal. Les condamnations peuvent porter sur le vagabondage, le parasitisme 'si les prostituées ne bénéficient pas de revenus procurés par un travail) ou la spéculation 'si elles détiennent produits étrangers ou devises). Mais beaucoup disposent d'une " couverture " en étant inscrites sur le registre du travail comme femmes de ménage ou gardiennes. On ne sait à peu près rien des pays communistes extérieurs à l'Union soviétique mais la situation, comme la législation, sont comparables.


L'ouverture au libéralisme et le changement des mentalités

Pour comprendre la progression de la prostitution dans ces pays après l'effondrement du communisme, il convient de prendre en compte trois facteurs socio économiques aux conséquences considérables :
Ces pays ont traversé une crise économique d'ampleur, très spécifique qui s'est notamment traduite par une baisse générale des revenus et une paupérisation d'une part importante de la population ;
La libéralisation politique et économique s'est traduite dans les mentalités sous diverses formes : repli identitaire, relativisme moral, idéal matérialiste, pragmatisme politique, soif de liberté, etc
Enfin, une profonde désorganisation sociale et politique s'est manifestée,au moins dans les premiers temps, dans tous ces pays. Les situations constatées aujourd'hui sont très différentes, mais les autorités policières et judiciaires d'Europe centrale et orientale sont loin d'avoir l'efficacité de leurs homologues d'Occident, même si ces dernières connaissent des problèmes d'efficacité face au problème de la prostitution. De plus, une économie souterraine particulièrement propice à l'expansion de la prostitution a vu le jour.

Dans un contexte de relative pauvreté et de volonté d'accéder au marché des biens de consommation, la prostitution peut apparaître comme une issue, ou même un modèle. Le corps tend à devenir une marchandise, que l'on peut vendre pour survivre ou améliorer son mode de vie. Comme un retour de bâton après la période de puritanisme communiste, une attitude extrêmement libérale à l'égard de la prostitution s'est développée. "L'amour libre" est considéré comme une nouvelle liberté offerte par l'économie de marché. Et puisque le marché du sexe est devenu un produit rentable, les autorités gouvernementales le considèrent comme un des nouveaux domaines du droit où elles s'impliquent peu.


L'EXPLOSION DU PHENOMENE AUJOURD'HUI

L'explosion du phénomène prostitutionnel dans les ex pays de l'Est se fait dans deux directions : l'expansion d'une prostitution de proximité et le développement de la traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle.


L'essor de la prostitution locale

La prostitution des femmes majeures et des enfants des deux sexes est devenue un commerce inévitable dans les villes d'Europe de l'Est. Les minorités hongroise en Roumanie, russe dans les pays baltes, tsigane un peu partout, particulièrement touchées par la misère et donc plus fragiles, sont surreprésentées parmi les prostituées.

Par ailleurs, la "demande" s'est développée avec l'intensification du tourisme, les nombreuses prostituées devenant un produit d'appel pour les touristes. Budapest y a déjà gagné un surnom : la Bangkok de l'Europe et le nombre de touristes intéressés par des prostituées, de tous sexes et de tous âges, croît beaucoup plus vite que la fréquentation touristique globale, déjà en forte hausse. La demande étrangère de prostituées n'est cependant pas le seul fait de touristes. Le phénomène s'étend aux zones frontières et le long d'importantes routes internationales, où les établissements faisant le commerce du sexe sont fréquentés par une population bigarrée d'étrangers en transit, en majorité des chauffeurs routiers.

Enfin, il ne faut pas oublier que la prostitution est très souvent importante à proximité des concentrations de troupes. Les grands établissements militaires représentent toujours un "marché" pour la prostitution, et la présence de troupes de l'ONU ou de l'OTAN autour ou dans les pays de l'ex Yougoslavie encourage le développement de la prostitution. La nouvelle demande de prostituées émane aussi des nationaux. Un nouveau type de client fait son apparition : une partie de la nouvelle élite économique sans scrupules, tout particulièrement les magnats de l'économie parallèle, ont fréquemment recours à des prostituées. Mais l'industrie du sexe, sous toutes ses formes, gagne aussi l'ensemble de la population, comme en occident. A la fin des années 90, en Hongrie, les prostituées étaient 3.000 à 4.000 dans les rues de Budapest, de 1.500 à 2.000 dans les autres villes ou le long des routes nationales et 5.000, dont la moitié étrangères, proposaient leurs services dans les bars ou les hôtels. À Prague, le nombre de prostituées est estimé à 30 000, professionnelles ou occasionnelles, Tchèques, Roms, mais aussi Russes ou Ukrainiennes.


La réapparition de la traite des blanches

Ce phénomène est un corollaire de l'évolution précédemment évoquée : la pauvreté ou le mythe de l'Occident jette dans les bras des trafiquants un grand nombre de femmes ou de jeunes filles plus ou moins crédules. Le trafic est motivé par une demande forte dans les pays de l'Est eux mêmes, comme dans les pays occidentaux. La traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle s'effectue À l'échelle nationale comme internationale et les mouvements sont multiples :
Des PECO vers les pays de l'Union européenne, la Turquie, Israël, le Japon ou la Thaïlande : les filles viennent majoritairement de zones proches 'pays baltes, groupe de Visegrad), sans toujours en être ressortissantes ;
Entre les PECO, souvent des pays les moins développés de la CEI vers les pays plus avancés 'groupe de Visegrad, pays baltes). Ces pays peuvent n'être qu'une étape du mouvement précédent ou en constituer la destination définitive ;
À l'intérieur des pays d'Europe de l'Est, souvent des zones rurales peuplées vers les zones urbaines, touristiques, ou frontalières.

Les Russes, les Ukrainiennes et les Biélorusses sont les groupes les plus importants impliqués dans ce trafic, avec le concours des puissantes mafias locales. En Ukraine, "le nombre de candidates au départ est ahurissant. Jusqu'a 400.000 femmes âgées de moins de 30 ans sont parties depuis dix ans, si l'on en croit le ministère de l'Intérieur". Concernant l'Albanie, autre pays particulièrement concerné, l'ONG Save The Children estimait en avril 2001, que 30.000 femmes et adolescentes albanaises se prostituaient en Europe occidentale.

Le recrutement s'opère sans originalité, par publicité 'mensongère) ou directement par des amis, dans les bars, les discothèques, ou même au sein des institutions de jeunes filles. Le plus souvent, on fait miroiter aux filles un emploi quelconque, mais d'apparence honnête 'mannequin, secrétaire, femme de ménage), avant de les contraindre à la prostitution une fois arrivées dans le pays de leur rêve. Autre méthode couramment utilisée : les mariages arrangés.

Il existe des groupes de trafiquants très organisés et structurés au niveau international, telle la mafia albanaise, et des structures plus petites, parfois familiales, qui font travailler les femmes pour leur propre compte. Les proxénètes organisent le voyage, fournissent les papiers 'passeport et visa, vrais ou faux), le billet d'avion ou le passage des frontières en bus, en voiture ou à pied.

Les réseaux de prostitution albanais constituent la forme de violence la plus primaire. Il existe des camps de soumission, où les femmes sont achetées et violées collectivement, puis elles sont acheminées jusque dans les grandes villes européennes. À Bruxelles, où la moitié des prostituées est de nationalité albanaise, la justice belge évoque ces sinistres "centres de formation" situés en Albanie. Les jeunes femmes y sont vendues pour aller "travailler" à Londres, Hambourg ou Paris. Vendues pour quelques dizaines d'euros, elles prennent ensuite la destination des trottoirs européens : selon leur beauté, leur don pour les langues étrangères et leurs aptitudes "professionnelles", leur prix de vente à la fin 1999 allait de 1.500 à 2.300 Euros. Des marchés aux femmes existent aujourd'hui dans l'Europe balkanique, au vu et au su de tous, tel l'"Arizona Market" en Bosnie. à Milan, il existerait un véritable "marché aux femmes" où les différents réseaux passent commande.

Une fois en Europe, la surveillance des proxénètes est à peu près invisible et s'effectue essentiellement par portable. Les véritables proxénètes résident dans les pays voisins ou restent dans les pays d'origine. Pour la surveillance rapprochée, ils recrutent des délinquants locaux.


mercredi 14 janvier 2004
http://www.colisee.org/article.php?id_article=918