Carine Russo au Sénat

Publié le par Jacqueline de Croÿ


julie.melissa


LAMENSCH,MICHELLE
Le Soir, mardi 24 avril 2007

Ecolo aussi continue d'ouvrir ses listes à la société civile pour les élections législatives de juin. L'annonce a été officialisée ce mardi : Carine Russo, la maman de Mélissa, figurera à la 14 e place effective sur la liste des verts pour le Sénat, derrière Jacky Morael, en dernière position expliquait-on chez Ecolo, lundi soir, Carine Russo et nous, nous battons pour une société plus juste et plus verte. »

Cette aspiration à une société plus juste, Carine Russo l'a nourrie dans les années nonante, après l'enlèvement de sa petite fille Mélissa et de l'amie de celle-ci, Julie Lejeune, par Marc Dutroux. Durant toute l'« affaire », de 1995, année du rapt, à 2004, qui vit Marc Dutroux et ses complices condamnés à Arlon, Carine Russo se sera battue pour le droit des victimes et pour une meilleure protection des enfants dans la société. On la vit très souvent aux côtés de son époux, Gino Russo, et des parents de Julie, Jean-Denis et Louisa Lejeune. Leur combat fut relayé, au plan politique, par le député Ecolo, Vincent Decroly, qui se montra très actif au sein de la commission d'enquête parlementaire et qui devint un proche.

Dès 1998, Carine Russo manifesta des affinités pour Ecolo, jusqu'à assister, cette année-là, à son congrès de Liège.

En 1999 et 2003, le parti l'avait sollicitée pour les législatives, mais elle avait décliné l'offre.

Ce mardi, entourée d'Isabelle Durant et de Jean-Michel Javaux, les deux secrétaires fédéraux d'Ecolo, Carine Russo expliquera les raisons qui la poussent à se battre aussi pour une société plus verte.

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Jan Boeykens 13/09/2009 09:42

Carine Russo quitte le SénatDeux ans après son entrée en politique, Carine Russo jette l’éponge et démissionne de son mandat de sénatrice. Ecolo a confirmé l’information vendredi après-midi. La mère de Melissa Russo, l’une des petites victimes de Marc Dutroux, avait été sollicitée en 2007 par les verts pour se présenter au Sénat. A la quatorzième place, elle avait alors obtenu 57 747 voix de préférence (deux fois plus que le second de la liste, José Daras) et avait été ensuite cooptée à la Haute Assemblée.
En principe, l’annonce de la démission de Mme Russo aura été faite officiellement vendredi soir au Conseil de fédération d’Ecolo. Mme Russo n’avait toutefois pas l’intention d’être présente à cette réunion. Elle a envoyé une lettre au parti destinée à être lue par le secrétaire du Conseil de fédération devant les délégués, un texte qu’elle n’a pas souhaité rendre public.
Son état de santé mais aussi les difficultés qu’elle éprouve à se fondre dans la vie politique et parlementaire expliquent son choix. Pour ce que l’on en sait, elle exprime dans sa lettre son regret d’avoir dû prendre une telle décision. « Je regrette de vous annoncer que je n’irai pas plus loin que les deux années écoulées », commence-t-elle.
Outre ses problèmes de santé, sur lesquels elle ne s’étend pas, elle évoque la difficulté à se retrouver dans une vie politique et parlementaire trop formelle et trop procédurale. Cette vie comporte un niveau d’exigence dont elle n’avait pas conscience et qu’elle ne parvient pas à atteindre malgré ses efforts. « Je n’ai de goût que pour l’utile, pas pour le pouvoir », ajoute Mme Russo. Selon le coprésident Jean-Michel Javaux, « Carine Russo n’était pas aussi présente qu’elle l’aurait voulu. Après avoir mis en balance le poids de la charge avec ce que cela lui apportait, elle a estimé à mi-mandat que cela pouvait être l’occasion de donner sa chance à quelqu’un d’autre ».
Pour autant, la sénatrice n’est pas amère. Elle insiste sur son engagement et la sympathie qu’elle continue à éprouver pour Ecolo. Au parti, l’on dit respecter ce choix. « Elle a vraiment fait le maximum pour remplir le contrat, mais nous comprenons que c’est une femme de terrain qui a eu des difficultés à s’adapter aux réalités politiques », a souligné le porte-parole d’Ecolo. Elle continuera par ailleurs à être active au sein du mouvement, notamment en travaillant sur la problématique de l’univers carcéral, en lien avec le monde associatif.
Il y a un an déjà, la Liégeoise avait fait part de son malaise par rapport au monde politique. Déçue par le fonctionnement des institutions et des partis, elle précisait en novembre dernier, dans une interview aux journaux du groupe Sudpresse, qu’elle pensait tous les jours à arrêter. La charge de travail lui paraissait également trop lourde et, après un an, elle avait dû lever le pied. « Au début, pendant un an, le fait de combiner les deux a été très difficile. Quand j’ai senti que je prenais des risques avec ma vie familiale, j’ai dû revoir les choses, éliminer des réunions du soir qui ne servaient pas à grand-chose. L’essentiel, à mes yeux, c’est de préserver ma vie de famille. Sans elle, ce serait la fin de tout. Je n’y renoncerai jamais : pour moi, il y a la famille et les amis », déclarait-elle alors.
A 47 ans, Carine Russo tire donc aujourd’hui un trait sur sa carrière politique. Un appel à candidatures sera lancé pour pourvoir à son remplacement. Le conseil de fédération devrait alors trancher dans les prochaines semaines.
La Libre Belgique  Mis en ligne le 12/09/2009
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La maman de Mélissa figure à l’avant-dernière place sur la liste Ecolo au Sénat. Un choix du coeur. Carine Russo vote pour les verts depuis qu’elle a l’âge de voter.
portrait de candidat
Ecolo a contacté Carine Russo au début du mois d’avril pour lui demander de figurer sur la liste du Sénat. La maman de Mélissa n’a pas répondu tout de suite. Elle avait prévu de partir en vacances durant les quinze premiers jours du mois et ne voulait pas perturber son séjour. Mais elle n’a pas hésité très longtemps. « Nous étions dans le sud de l’Italie, avec des amis, explique-t-elle. Là, nous avons été confrontés à la pauvreté, au chômage. Et puis, quel étrange climat. Alors qu’en Belgique, on se croyait comme en été, en Italie, il faisait mauvais, la nature avait un mois de retard. L’inquiétude environnementale portée depuis si longtemps par Ecolo, nous la vivions concrètement. A mon retour, j’ai dit oui. »
Carine Russo n’a pas dû se faire violence. Ecolo, c’est comme un choix du coeur. « La première fois que j’ai pu voter, en 1982, j’ai accordé ma voix à Ecolo. A l’époque, je rentrais dans la vie adulte. Je venais de me marier, je voulais des enfants. Je trouvais que le projet politique d’Ecolo correspondait aux rêves que j’avais. Mes rêves ont été brisés en 1995. Mais j’ai continué à voter pour Ecolo. »
Une page se tourne
Le compagnonnage avec les verts ne date pas d’ailleurs d’hier. En 1999 déjà, Carine Russo avait apporté son soutien aux listes Écolo. Mais de l’extérieur. Elle n’avait pas voulu s’engager plus activement à l’époque. « Écolo m’avait proposé une place sur ses listes. Mais j’estimais que j’avais encore d’autres choses à faire par rapport à notre propre parcours judiciaro-médiatique. » En 2003, elle n’avait cependant pas réédité l’expérience. « Nous étions à un an du procès Dutroux. C’était une période très difficile. Nous voulions nous concentrer sur le dossier. »
Pour Carine Russo, son engagement, actif aujourd’hui, au service d’Écolo est une façon de tourner une page. « Je renonce en quelque sorte à vouloir changer les choses sans les structures. Les structures existent, on n’y échappe pas. Et cela, je l’ai accepté. Cela ne veut cependant pas dire qu’il faut renoncer à vouloir les changer, à les rendre plus démocratiques. En ce sens, je prolonge mon combat. On peut donc dire que ma réflexion a évolué. Mais une rupture brutale, cela non. C’est impossible après tout ce que j’ai vécu.  »
Carine Russo part à l’aventure. Placée à l’avant-dernière place juste devant Jacky Morael, elle est incapable de dire si elle sera élue ou non. « Ce serait assez inespéré, dit-elle simplement. La quatorzième place n’est en principe pas une place éligible. Ce n’est pas pour cela que je suis là de toute façon. Je ne voulais pas une place de combat sur la liste. Je suis une candidate d’ouverture, indépendante, qui souhaite aider Ecolo à faire avancer son projet. » Carine Russo ne fera d’ailleurs pas la campagne en professionnelle de la politique. Elle ne va pas bouleverser sa vie. « Ma campagne à moi, c’est mon engagement. »
Jusqu’au bout de l’aventure
Carine Russo concède qu’elle n’a pas d’expertise politique particulière et qu’elle se soucie assez peu des stratégies de parti, des hypothèses d’alliance. « Mon seul bagage politique, c’est mon vécu. » Elle avoue n’avoir pas une connaissance approfondie du programme d’Ecolo. « J’ai parcouru ce programme naturellement, dit-elle. Il y a là de bonnes idées. Mais quand on m’interpelle sur un thème environnemental, je renvoie la question vers les experts du parti. Cela fait 25 ans qu’Ecolo traite de ce domaine. Sur l’environnement, on peut leur faire confiance. »
La candidate ne refusera cependant pas une place au Sénat si les él

Jan Boeykens 13/09/2009 09:30




Affaire Dutroux et consorts


Julie et Melissa - Dix semaines après leur disparition Les parents accusent "Sentiment de révolte", "lacunes", "improvisations", "silences insupportables de la juge d'instruction"... Les parents des deux petites disparues ne doutent pas que policiers et gendarmes travaillent à retrouver leurs filles mais ne parviennent pas "à se défaire de l'idée qu'il ne sont pas à la hauteur". Ils crient leur douleur, et accusent... Située à deux pas de l'aéroport civil de Bierset, dans un quartier verdoyant, la maison des Russo est d'un abord accueillant. Depuis la salle à manger, lorsqu'on regarde vers la grande pelouse verte à l'arrière, on se prend vite à imaginer les deux petites disparues en train d'y jouer. C'est d'ailleurs ce qu'elles faisaient, quelques minutes à peine avant qu'elles ne s'évaporent dans la nature. Dix semaines plus tard, le havre de paix s'est transformé en ruche fébrile. Dormant peu, se trouvant toujours à portée de main du téléphone, traquant le moindre indice, constatant aussi les lacunes évidentes des recherches officielles, les parents des petites victimes et leurs proches y sont actifs 24 heures sur 24. C'est de là qu'ils nous ont fait part de leur douleur et de leurs constats critiques. - Comment Julie et Melissa ont-elles disparu? - Carine Russo: C'était l'un des premiers jours où le soleil se montrait un peu. Melissa avait invité Julie à la maison. Les deux petites ont joué dans le jardin pendant une grande partie de l'après-midi. Vers cinq heures, elles ont demandé à aller se promener jusqu'au petit pont où Melissa avait l'habitude de se rendre avec ses copines. C'est à quelques centaines de mètres de chez nous. J'ai d'abord refusé parce que Louisa, la maman de Julie, venait récupérer sa fille vers 18 heures. Mais elles ont tellement insisté que, finalement, j'ai accepté qu'elles sortent pour une demi-heure. Melissa a pris sa montre et elles sont parties. - Depuis ce moment, vous ne les avez plus revues? - Carine: Non, rien. Plus une seule trace d'elles. A 17 heures 30, j'ai pris mon vélo avec l'intention de me rendre à leur rencontre. Je suis allée jusqu'au petit pont mais je ne les ai pas vues. Par trois fois, j'ai refait le chemin - sans plus de succès. A partir de là, j'ai vraiment commencé à m'inquiéter. - Louisa Lejeune: Quand je suis arrivée, j'ai refait le tour du quartier en voiture. M'arrêtant, fouillant et appelant en certains endroits. Avec Carine, nous sommes allées du côté de l'aéroport, près de leur école, dans la famille et chez des amis de la région. Personne ne les avait vues. Vers 19 heures 45, nous avons contacté la BSR de Seraing. - Les recherches ont-elles commencé directement? Carine: Oui. Après avoir pris notre témoignage et des photos des petites, les gendarmes ont envoyé une camionnette qui a refait le tour jusqu'au petit pont. On ne sait pas très bien ce que les forces de l'ordre ont fait par ailleurs. Toujours est-il que dans la soirée, un homme en civil est venu d'Esneux avec un chien pisteur... Gino Russo: Il faut le dire: déjà à ce moment, on a eu l'impression que les enquêteurs pédalaient un peu dans la choucroute. Par exemple, aucun d'entre eux n'avait pensé à nous prévenir de ne pas toucher aux vêtements usagers des petites parce que cela pouvait compromettre les recherches du chien pisteur. Ils n'ont pas plus songé à relever les empreintes et microtraces (par exemple, des cheveux...) des petites dans leurs chambres. Alors que de telles informations pourraient éventuellement s'avérer utiles dans la suite de l'enquête. Jean-Denis Lejeune: En plus, c'était un moment où on pouvait espérer d'être épaulé par les forces de l'ordre. Mais ils semblaient autant perdus que nous. Personne ne nous a expliqué les différents scénarios possibles dans ce genre d'affaire, ni le type de recherches qui allaient être mises en oeuvre. On ne nous a pas plus prévenus qu'on allait ramasser la presse et des centaines de badauds devant la maison. D'ailleurs, quand les curieux et les rapaces de tout poil se sont amenés, c'est nous qui avons dû prendre les noms et les numéros de plaques en nous disant que cela pourrait éventuellement servir... Gino: On pourrait en ajouter! Entre autres choses, il était frappant de constater que pendant la reconstitution il y avait trois voitures mal garées dans la rue. C'était celles de la gendarmerie. "Il y a aussi les témoins que l'on ne veut pas entendre" Dans la souffrance et l'angoisse que vous vivez n'avez-vous pas tendance à être un peu trop critiques à l'égard des forces de l'ordre? Jean-Denis: Je ne crois pas. Nous avons bien conscience de la difficulté de la tâche à laquelle sont confrontés les gendarmes et les policiers. On a également bien compris que l'on était entouré d'hommes de bonne volonté, prêts à faire autant d'heures supplémentaires qu'il sera nécessaire. Mais le problème n'est pas là. En fait, nous ne parvenons pas à nous départir du sentiment que les enquêteurs ne sont pas à la hauteur. Ce ne sont pas les spécialistes dans le domaine des disparitions que l'on serait en droit d'attendre en tant que parents-victimes. Gino: On fait bien la part des choses. Il est pas question de chercher la petite bête. Mais comment se taire quand les lacunes des recherches officielles s'imposent à nous avec une telle évidence! Il y a d'autres trucs incroyables. Par exemple, l'enquête de voisinage. Plus de deux mois après les faits, elle est toujours en cours... Au surplus, elle semble comporter pas mal d'incohérences. Il y a quelques jours, des gars de la gendarmerie sont venus me trouver pour me demander confirmation de l'adresse d'un proche. Ils voulaient l'interroger. Mais ils ignoraient que la PJ l'avait déjà fait deux semaines auparavant! Lorsque je le leur ai dit, ils ont barré le nom de leur liste. Il y a aussi les témoins que l'on ne veut pas entendre: des gens qui avaient des informations importantes, et qui aujourd'hui sont d'ailleurs prises en compte par les enquêteurs, ont d'abord été refoulés quand ils se sont adressés aux forces de l'ordre. Nous le savons parce que ces personnes nous l'ont signalé! Heureusement, il semble bien qu'aujourd'hui ce type de cas ne puisse plus se représenter. On nous a promis formellement que dorénavant tous les témoignages seraient pris en compte. Il y a aussi des lenteurs insensées: entre autres choses, la gendarmerie a mis trois semaines pour retrouver la trace d'une personne qui habite à quelques centaines de mètres de chez moi. Finalement, j'ai dû les conduire à la bonne adresse. Il y a enfin les témoignages tardifs. Je ne citerai que mon cas: j'ai été interrogé pour la première fois quinze jours après les disparitions! Jean-Denis: Pour moi, ce fut la même chose. Il faut se rendre compte que pendant ce temps-là, les parents ont l'impression que rien ne se fait. "Pour moi, la juge d'instruction fonctionne sous Windows" Les enquêteurs ne vous donnent-ils pas certaines indications pour vous rassurer? Jean-Denis: On n'apprend strictement rien de leur part. Ils nous opposent le secret de l'instruction à tout bout de champ. C'est au point qu'on ne sait même pas précisément combien de personnes travaillent sur l'enquête. Quant à savoir quel est le rythme de travail, combien d'interrogatoires, de perquisitions sont réalisés chaque jour, c'est encore plus mystérieux. Gino: On nous dit que la moindre entorse au secret de l'instruction peut bénéficier au ravisseur éventuel s'il est un jour arrêté et jugé. C'est exagéré. Et puis, ils justifient comme cela des choses bizarres. Ainsi lorsqu'un témoin a cru avoir photographié par hasard les petites, on ne nous a même pas montré les documents! Les personnes les plus aptes à reconnaître Julie et Melissa, c'est tout de même leurs parents, non? Pas des policiers d'Anvers ou de Tongres! Vraiment, ça nous casse les nerfs, ce genre de choses. Carine: Cela va plus loin. Quand on demande seulement des hypothèses plausibles pour expliquer les disparitions, on se contente généralement de nous balancer que "tout est possible". Et l'on doit se débrouiller avec cela. Vous pouvez tout de même vous adresser à la juge d'instruction? Gino: Pour moi, cette femme fonctionne sous Windows! Je n'ai pas encore trouvé le langage pour communiquer avec elle. Il n'