Carine Russo: 'je prolonge mon combat'

Publié le par Jan Boeykens


Carine Russo fait route avec Ecolo

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La maman de Mélissa figure à l'avant-dernière place sur la liste Ecolo au Sénat. Un choix du coeur. Carine Russo vote pour les verts depuis qu'elle a l'âge de voter.

portrait de candidat

Ecolo a contacté Carine Russo au début du mois d'avril pour lui demander de figurer sur la liste du Sénat. La maman de Mélissa n'a pas répondu tout de suite. Elle avait prévu de partir en vacances durant les quinze premiers jours du mois et ne voulait pas perturber son séjour. Mais elle n'a pas hésité très longtemps. "Nous étions dans le sud de l'Italie, avec des amis, explique-t-elle. Là, nous avons été confrontés à la pauvreté, au chômage. Et puis, quel étrange climat. Alors qu'en Belgique, on se croyait comme en été, en Italie, il faisait mauvais, la nature avait un mois de retard. L'inquiétude environnementale portée depuis si longtemps par Ecolo, nous la vivions concrètement. A mon retour, j'ai dit oui."

Carine Russo n'a pas dû se faire violence. Ecolo, c'est comme un choix du coeur. "La première fois que j'ai pu voter, en 1982, j'ai accordé ma voix à Ecolo. A l'époque, je rentrais dans la vie adulte. Je venais de me marier, je voulais des enfants. Je trouvais que le projet politique d'Ecolo correspondait aux rêves que j'avais. Mes rêves ont été brisés en 1995. Mais j'ai continué à voter pour Ecolo."

Une page se tourne

Le compagnonnage avec les verts ne date pas d'ailleurs d'hier. En 1999 déjà, Carine Russo avait apporté son soutien aux listes Écolo. Mais de l'extérieur. Elle n'avait pas voulu s'engager plus activement à l'époque. "Écolo m'avait proposé une place sur ses listes. Mais j'estimais que j'avais encore d'autres choses à faire par rapport à notre propre parcours judiciaro-médiatique." En 2003, elle n'avait cependant pas réédité l'expérience. "Nous étions à un an du procès Dutroux. C'était une période très difficile. Nous voulions nous concentrer sur le dossier."

Pour Carine Russo, son engagement, actif aujourd'hui, au service d'Écolo est une façon de tourner une page. "Je renonce en quelque sorte à vouloir changer les choses sans les structures. Les structures existent, on n'y échappe pas. Et cela, je l'ai accepté. Cela ne veut cependant pas dire qu'il faut renoncer à vouloir les changer, à les rendre plus démocratiques. En ce sens, je prolonge mon combat. On peut donc dire que ma réflexion a évolué. Mais une rupture brutale, cela non. C'est impossible après tout ce que j'ai vécu. "

Carine Russo part à l'aventure. Placée à l'avant-dernière place juste devant Jacky Morael, elle est incapable de dire si elle sera élue ou non. "Ce serait assez inespéré, dit-elle simplement. La quatorzième place n'est en principe pas une place éligible. Ce n'est pas pour cela que je suis là de toute façon. Je ne voulais pas une place de combat sur la liste. Je suis une candidate d'ouverture, indépendante, qui souhaite aider Ecolo à faire avancer son projet." Carine Russo ne fera d'ailleurs pas la campagne en professionnelle de la politique. Elle ne va pas bouleverser sa vie. "Ma campagne à moi, c'est mon engagement."

Jusqu'au bout de l'aventure

Carine Russo concède qu'elle n'a pas d'expertise politique particulière et qu'elle se soucie assez peu des stratégies de parti, des hypothèses d'alliance. "Mon seul bagage politique, c'est mon vécu." Elle avoue n'avoir pas une connaissance approfondie du programme d'Ecolo. "J'ai parcouru ce programme naturellement, dit-elle. Il y a là de bonnes idées. Mais quand on m'interpelle sur un thème environnemental, je renvoie la question vers les experts du parti. Cela fait 25 ans qu'Ecolo traite de ce domaine. Sur l'environnement, on peut leur faire confiance."

La candidate ne refusera cependant pas une place au Sénat si les électeurs la plébiscitent. "J'irai au bout de l'aventure." Qu'y ferait-t-elle ? Elle dit vouloir s'intéresser aux thématiques sociales. La situation des sans papiers en particulier. Et tout ce qui touche les jeunes, leur avenir, leurs conditions d'existence, leurs difficultés. "Il y a tellement de désarroi dans la jeunesse. Cela me brise le coeur."

Et si Carine Russo n'est pas élue, poursuivra-t-elle son compagnonnage avec Ecolo ou y mettra-t-elle fin ? "On verra, lâche-t-elle . Depuis 1995, je ne suis plus capable d'élaborer des projets sur le long terme."

vincent rocour - La Libre Belgique, 11/05/2007

Publié dans Français

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